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Photo : Marc MehranLa fin du mouvement social des trains express régionaux, samedi, permet enfin de se rendre à Monaco pour travailler dans de bonnes conditions
« Voie C, le train à destination de Cagnes-La Bocca va partir. » Trains express régionaux (TER), acte II, le retour... des transports ! Et un immense soulagement pour les salariés monégasques qui ne sont plus obligés, depuis la fin du mouvement social samedi, de prendre leur voiture pour venir travailler depuis Cannes ou San Remo.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la grève de conducteurs de TER du dépôt de la gare de Nice, entamée le 9 décembre, a suscité par sa durée la colère des usagers qui ont eu l'impression d'être pris en otage.
« Je suis en colère » Un sentiment partagé par Stéphanie, une résidente beausolleilloise employée dans une boutique de vêtement à Nice. Malgré, la centaine de TER qui a repris le chemin des rails, hier, elle a assuré avoir été « obligée de prendre le bus une fois sur deux. Conséquence : j'arrivais en retard à mon travail. Même si mon employeur ne me le reprochait pas, cela m'a fait des heures en moins sur ma fiche de paye. Je suis en colère contre cette grève. Le service minimum est très insuffisant le soir. À titre d'exemple, un dimanche, mon train a été annulé et j'ai dû appeler pour qu'on vienne me chercher. »
Au vu de la longueur du conflit, les conséquences se sont également fait sentir sur des commerces dans la gare ou à proximité. Ainsi, au magasin de souvenir La Passerelle, le responsable indique avoir subi « une baisse de 60 % du chiffre d'affaires », en raison des perturbations. « Heureusement, la crise s'est déroulée au cours d'une période pendant laquelle, nous travaillons peu à l'exception de celle de fin d'année avec Noël. Cela aurait été pire en été. » Même son de cloche au bar tabac juste en face, le Comptoir du rail, où l'on indique « qu'il y avait quand même des clients car les trains circulaient le matin, mais la baisse a été sensible. Quand des trains arrivaient, les gens ne s'arrêtaient pas car ils étaient pressés et avaient peur de les rater. »
La lettre du ministre d'État
Une désorganisation exceptionnelle dans sa longueur qui a même provoqué la réaction officielle de membres du gouvernement. Ainsi, le conseiller pour l'Équipement, l'Environnement et l'Urbanisme, Robert Calcagno avait fait part de sa « très grande exaspération ». Et de rappeler « l'obligation faite à la SNCF d'assurer un service public à la hauteur de nos attentes. »
Une exaspération d'autant plus logique que le gouvernement monégasque finance cinq rames de TER, à hauteur de 50 ME, pour augmenter la desserte de la Principauté saturée par les automobilistes aux horaires de bureaux.
Le ministre d'État, Jean-Paul Proust, avait même envoyé auparavant un courrier au secrétaire d'État aux transports, Dominique Bussereau, et au président de la SNCF, Guillaume Pepy, pour se plaindre de l'impasse pour les salariés monégasques."
Yann Masson